En résumé :
- Le post-partum désigne la période qui suit l’accouchement et peut aussi être appelé période postnatale, suites de couches, mois d’or ou 4e trimestre.
- Sa durée ne se résume pas à un nombre précis de jours : la récupération physique et les transformations psychiques s’inscrivent dans des temporalités différentes.
- Les premières semaines sont notamment marquées par la récupération après l’accouchement et l’adaptation à la vie avec le bébé.
- Le contexte de la grossesse, de l’accouchement, l’entourage et l’histoire personnelle peuvent influencer le vécu de cette période.
- Le post-partum est également une période de transition psychique et identitaire, parfois décrite à travers la notion de « matrescence ».
- Anticiper cette période permet de mieux se préparer à accueillir les différentes expériences possibles, sans chercher à tout contrôler.
Table des matières
- Qu’est-ce que le post-partum ?
- Combien de temps dure le post-partum ?
- Le contexte et le vécu du post-partum
- Une inévitable période de transition
- La dyade maman-bébé
- La matrescence
- Accueillir cette métamorphose
- Un exercice pour prendre conscience du chemin parcouru
- Questions fréquentes sur le post-partum
Qu’est-ce que le post-partum ?
Littéralement, « post-partum » vient de post, qui signifie « après », et de partum, « la mise bas ».
On entend aussi les termes de période postnatale, suites de couches, mois d’or, 4e trimestre de la grossesse ou encore relevailles pour parler de ce temps qui suit l’accouchement, l’enfantement et la naissance.
La variété des termes employés résonne sans doute avec la diversité des vécus et le caractère singulier, étrange, mystérieux et unique de cette période aux contours parfois flous. Moins racontée que l’accouchement lui-même, elle peut être difficile à anticiper.
Pour autant, mieux on l’anticipe et mieux on s’y prépare, plus il devient possible d’accueillir les différentes expériences qui peuvent se présenter. Il ne s’agit pas de chercher à tout contrôler, bien au contraire, mais de se préparer aussi bien à une expérience conforme à ses souhaits qu’à une réalité très différente.
En un mot : adaptabilité.
Voici quelques repères pour mieux comprendre cette période.
Combien de temps dure le post-partum ?
Le post-partum ne correspond pas à une seule durée. Plusieurs repères permettent d’en comprendre les différentes étapes, qu’il s’agisse de récupération physique, de changements physiologiques ou de l’adaptation du bébé à son nouvel environnement.

Les 10 à 12 premiers jours après l’accouchement
Les 10 à 12 premiers jours correspondent notamment au temps de cicatrisation cutanée d’une déchirure, d’une épisiotomie ou d’une césarienne, ainsi qu’au temps de retour de l’utérus dans l’enceinte du petit bassin.
D’un point de vue administratif, la prise en charge à 100 % en maternité dure jusqu’au 12e jour qui suit la naissance, J0 correspondant au jour de l’accouchement. Pendant cette période, les visites d’une sage-femme à domicile sont intégralement prises en charge par l’Assurance Maladie.
Les 28 premiers jours : la période néonatale
Les 28 premiers jours constituent une sous-période de la période postnatale : la période néonatale.
Pendant cette période, le bébé est appelé « nouveau-né », avant de devenir un « nourrisson ».
Une quarantaine de jours après l’accouchement
Les saignements qui suivent l’accouchement peuvent durer une quarantaine de jours. Leur abondance peut être très variable.
En cas d’allaitement maternel, la physiologie est soutenue et le retour de l’utérus à sa taille et à sa place initiales est facilité par les contractions utérines sous l’effet de l’ocytocine produite pendant la tétée.
La prise d’une contraception hormonale peut également modifier les modalités des saignements.
Dans tous les cas, en cas de persistance de saignements abondants et prolongés, il convient de consulter.
Dans de nombreuses traditions, pendant trois semaines à 40, voire 60 jours, la jeune accouchée est invitée au repos à l’intérieur du foyer, souvent allongée et au chaud, avec une alimentation composée d’aliments chauds, de tisanes et de bouillons, tout en étant bien entourée.
L’isolement dans les grandes villes prive souvent les femmes d’un précieux accompagnement communautaire ou transgénérationnel pendant cette période.
6 à 8 semaines après l’accouchement
Cette période correspond au temps dont l’utérus a besoin pour retrouver sa taille — celle d’une figue — et sa position initiale dans le bassin.
Elle peut également correspondre à la période située entre l’accouchement et le retour de couches, c’est-à-dire le retour des règles. En cas d’allaitement maternel et selon la fréquence des tétées, celui-ci peut prendre plusieurs mois.
Une durée très précise de 42 jours revient régulièrement dans la littérature.
Et jusqu’à 9 mois ?
Du côté du bébé, les neuf premiers mois correspondent à une période pendant laquelle son besoin de proximité avec vous est intense.
Après neuf mois au-dedans de vous : neuf mois contre vous pour naître au monde.
Le contexte et le vécu du post-partum
Le vécu de cette période peut être influencé par de nombreux éléments, notamment le déroulement et le vécu de la grossesse et de l’accouchement.
Les interventions, la fatigue accumulée, le fait d’être entourée ou isolée et l’organisation mise en place peuvent jouer un rôle. Votre histoire, vos antécédents personnels et familiaux ainsi que votre contexte social et professionnel peuvent également entrer en ligne de compte.
Tout stress ou traumatisme éprouvé pendant la grossesse ou l’accouchement peut constituer une vulnérabilité et avoir des incidences à court, moyen ou long terme sur l’état psychique et émotionnel, les sensations physiques, l’énergie ressentie ou encore l’entrain.
Il n’y a aucune fatalité. Il peut néanmoins être utile d’être attentif à ces manifestations, de faire preuve d’indulgence envers soi-même et de ne pas négliger la possibilité de se faire accompagner lorsque le besoin s’en fait sentir.
J’emploie volontairement ici le féminin et le masculin : chacun peut être un peu la sentinelle du bien-être de l’autre et chaque parent peut être concerné.
Une inévitable période de transition
Au-delà des changements physiques, la période qui suit la naissance est également marquée par d’importantes transformations psychiques et identitaires.
La dyade maman-bébé
D’un point de vue psychique, l’enfant imaginaire que l’on portait dans son ventre cède sa place à l’enfant réel que l’on peut désormais porter dans ses bras.
Un lien intime, voire amoureux, qui fait souvent suite à une sensation d’étrangeté, va se créer et relier la maman à son bébé, dans une capacité à s’adapter à ses besoins.
Ce processus est soutenu par ce que Winnicott appelle la « préoccupation maternelle primaire », ou capacité intuitive de la mère à répondre aux besoins de son bébé, et par ce que M. Bydlowski nomme la « transparence psychique », qui commence pendant la grossesse et perdure au-delà.[1]
La vulnérabilité psychique peut être importante pendant cette période, glissant vers la pathologie pour 10 à 20 % des mères.
La dépression est considérée comme une dépression du post-partum lorsqu’elle apparaît dans l’année suivant l’accouchement : précoce jusqu’à 6 à 8 semaines et tardive au-delà de deux mois.[2]
La matrescence

Au décours de la grossesse et de l’accouchement, moments clés de ce chemin d’évolution — pour ne pas dire de révolution — tant physique que psychique, émotionnelle, hormonale et neurobiologique, se joue, comme à l’adolescence, une irréversible expérience de transformation.
À l’issue de ce voyage aux paysages contrastés vers la mère, occasion de rencontrer sa puissance et ses vulnérabilités, toute femme sort métamorphosée et parfois déstabilisée, ressentant alors le besoin d’être guidée et épaulée.[3]
Accueillir cette métamorphose après l’accouchement
Même si, au cours de ce voyage, il vous arrivera peut-être de traverser de sombres tunnels, la lumière est toujours au bout de ce pèlerinage à la rencontre de soi-même.
Je vous invite à accueillir cette formidable métamorphose comme un cadeau, à vous autoriser un « arrêt sur image » et à inviter la patience pour prendre le temps.
Prendre le temps de déballer ce « présent », sans jugement, sans attente et sans comparaison.
Prendre ce temps nécessaire pour accueillir tout ce que vous avez vécu, cette puissance et ces vulnérabilités traversées ou encore présentes.
Et prendre le temps de vous accueillir dans toutes vos dimensions, tous vos corps, toutes vos identités et toute votre entièreté, sans culpabilité.
Un exercice pour prendre conscience du chemin parcouru
Pour prendre la mesure de l’ampleur de l’expérience que vous avez traversée ou êtes en train de traverser, je vous propose de choisir un point de départ.
Il peut s’agir, par exemple, du moment où vous avez décidé cette grossesse ou de celui où vous avez appris que vous étiez enceinte.
À partir de ce point, listez sans réfléchir tout ce que vous avez vécu depuis ce moment, ou tout ce qui vous vient à l’esprit.
Vous pourrez, si vous le souhaitez, compléter cette liste au fil du temps.
FAQ – Questions fréquentes sur le post-partum
Qu’est-ce que le post-partum ?
Le post-partum désigne la période qui suit l’accouchement et la naissance. On parle aussi de période postnatale, de suites de couches, de mois d’or, de relevailles ou encore de 4e trimestre de la grossesse.
Combien de temps dure le post-partum ?
Il n’existe pas, dans cet article, une seule durée permettant de définir toute l’expérience du post-partum. Plusieurs repères sont évoqués : les 10 à 12 premiers jours, les 28 jours de la période néonatale, une quarantaine de jours, les 6 à 8 premières semaines et, pour certains aspects liés au besoin de proximité du bébé, jusqu’à neuf mois.
Qu’est-ce que la période néonatale ?
La période néonatale correspond aux 28 premiers jours suivant la naissance. Pendant cette période, le bébé est appelé « nouveau-né » avant d’être qualifié de « nourrisson ».
Qu’est-ce que la matrescence ?
La matrescence décrit ici l’importante transformation qui accompagne le chemin vers la maternité. La grossesse et l’accouchement peuvent entraîner des évolutions physiques, psychiques, émotionnelles, hormonales et neurobiologiques qui participent à cette métamorphose.
Le contexte de l’accouchement peut-il influencer le post-partum ?
Oui. Le déroulement et le vécu de la grossesse et de l’accouchement, la fatigue, les interventions, l’entourage, l’isolement, l’histoire personnelle ainsi que le contexte social et professionnel peuvent influencer la manière dont cette période est vécue.
Conclusion – Le post-partum, une période aux temporalités multiples
Le post-partum ne se résume pas à quelques jours ou à quelques semaines. Comme le montrent les différents repères abordés dans cet article, les transformations physiques, psychiques et émotionnelles qui accompagnent la naissance suivent chacune leur propre temporalité.
C’est aussi une période de transition et de métamorphose, pendant laquelle chaque expérience reste singulière.
Mieux connaître ces différentes étapes peut aider à les anticiper, non pas pour chercher à tout contrôler, mais pour laisser davantage de place à l’adaptation, au temps et à l’accueil de ce qui est vécu.
Sources
- [1] Le Carnet Psy – Cairn.info
- [2] Rencontres Santé publique France – Les 1 000 premiers jours de l’enfant et au-delà
- [3] La Matrescence

