En résumé :
- Le colostrum est le premier lait produit par les seins, dès la grossesse.
- Sa couleur et son aspect peuvent varier d’une femme à l’autre et au fil des jours.
- Il contient notamment des cellules vivantes, des protéines, des oligosaccharides, des vitamines et des minéraux.
- Il est produit en petites quantités qui augmentent progressivement au fil des tétées.
- Après la naissance, il évolue progressivement en lait de transition, puis en lait mature.
- Lorsque le bébé ne peut pas téter directement au sein, le colostrum peut, selon les circonstances, être exprimé pour lui être donné autrement.
Table des matières
- Quel est l’aspect du colostrum et quelles sont ses spécificités ?
- Quelle est la composition du colostrum ?
- Que faire si votre bébé ne peut pas obtenir directement votre colostrum au sein ?
- FAQ : les questions fréquentes sur le colostrum
Peut-être que certaines d’entre vous avez déjà eu des petits écoulements d’un liquide plutôt transparent provenant des seins durant votre grossesse ? C’est ce que l’on appelle le « colostrum » ; votre corps de future mère commence à en fabriquer dès le milieu de la grossesse.
Vos seins se sont alors bien développés et sont prêts à donner leurs fruits, c’est pour cette raison que si un bébé décidait de naître prématurément, cet élixir de santé parfaitement adapté à ses besoins pourrait lui être donné. Mais que contient ce premier lait ? Comment évolue-t-il après la naissance de votre enfant et pourquoi est-ce si important de ne pas l’en priver ?
Tout d’abord, il faut préciser que le fait d’avoir des petites fuites de colostrum durant la grossesse ne présage pas d’une plus grande production lactée après votre accouchement, de même si vous n’observez pas ce phénomène, cela ne veut pas dire que vous ne produisez pas de colostrum ou que vous n’aurez pas assez de lait pour votre bébé ! Chaque femme est différente.
Quel est l’aspect du colostrum, de quoi est-il composé et quelles sont ses spécificités ?
La couleur du premier lait varie d’une femme à l’autre et peut-être avez-vous remarqué qu’il est parfois différent au fil des jours ? Il peut être transparent, grisâtre, légèrement marron au début puis devenir jaunâtre, couleur citron ou miel. On le qualifie souvent d’OR LIQUIDE, non seulement pour sa haute valeur nutritive mais aussi pour sa couleur.
Le colostrum va venir tapisser d’éléments protecteurs les parois du système digestif de votre bébé pour éviter l’invasion de mauvaises bactéries et virus et aussi favoriser le développement d’une flore intestinale de qualité appelée aussi « microbiote ». Il faut savoir que tant que votre bébé est à l’état fœtal (c’est-à-dire dans votre ventre) son tube digestif est stérile, il ne comporte aucune bactérie et ce n’est qu’à sa naissance que va commencer la colonisation des micro-organismes qui vont investir l’intérieur de son corps. Ces bactéries seront principalement issues de votre flore vaginale et fécale si vous accouchez par voie basse et des bactéries du service hospitalier si vous accouchez par césarienne. Le contact précoce en peau à peau avec votre bébé, outre tous ses bénéfices connus - lire à ce sujet notre article dédié « La magie du peau à peau » - lui permet d’être colonisé par votre flore cutanée qui est protectrice.
La composition du colostrum
Le colostrum est extrêmement riche en :
- Cellules vivantes (cellules souches, leucocytes, bactéries bénéfiques…)
- Protéines, notamment des immunoglobulines et d’autres protéines impliquées dans la protection du nouveau-né. Le colostrum contient davantage d’anticorps et de protéines anti-infectieuses que le lait mature.[1]
- Oligosaccharides (sucres spécifiques qui jouent le rôle de prébiotiques c’est-à-dire de nourriture pour les bonnes bactéries qui constituent le microbiote)
- Vitamines (c’est d’ailleurs sa forte teneur en caroténoïdes et en vitamine A qui lui donne sa belle couleur jaune)
- Minéraux essentiels, notamment le zinc, le magnésium et le cuivre. La concentration en zinc est particulièrement élevée dans le colostrum, puis diminue progressivement au cours de la lactation.[2]
Le colostrum est en revanche pauvre en graisses et en lactose, ce qui le rend très digeste. Il permet ainsi à votre bébé une meilleure adaptation métabolique les premiers jours qui suivent sa naissance régulant entre autres son taux de sucre dans le sang.
Il a des effets laxatifs puissants aidant ainsi votre bébé à éliminer le méconium (déchets accumulés durant sa gestation).
De plus, il a la particularité d’avoir le même goût que le liquide amniotique dans lequel baigne votre bébé durant sa vie intra-utérine et qu’il a l’habitude d’avaler régulièrement. Cette saveur similaire va d’ailleurs contribuer à le guider pour prendre votre sein au cours des premières heures de vie.
Le colostrum est d’abord sécrété en très petites quantités, et augmente graduellement au fur et à mesure des tétées. Il faut savoir que l’estomac des nouveau-nés est de la taille d’une bille le premier jour de vie et qu’au bout de 10 jours il prend la taille d’une balle de ping-pong. Le jour de sa naissance, le volume d’une tétée correspond donc à quelques gouttes ou l’équivalent d’une cuillère à café, pas plus ! Mais chaque goutte compte ! La nature est bien faite car ces faibles quantités ingérées permettent à votre bébé de mieux pouvoir coordonner sa succion, déglutition et respiration. Cette dernière étant toute nouvelle pour lui, il a besoin d’un moment d’adaptation.
Durant votre montée laiteuse, entre le deuxième et le cinquième jour, le colostrum évolue progressivement en lait de transition puis deux semaines après votre accouchement, votre lait est considéré comme pratiquement mature, et il atteint sa maturité complète entre 4 et 6 semaines avec une composition stable.
Que faire si votre bébé ne peut pas directement obtenir votre colostrum au sein ?
En fonction des circonstances de votre accouchement et de la maturité de votre bébé, la tétée d’accueil ne peut parfois pas avoir lieu et dans certains cas votre bébé ne pourra pas téter avant des semaines. Cela ne veut pas dire que votre projet d’allaitement n’a plus de sens. Vous pouvez au contraire faire du don de colostrum et ce le plus tôt possible. Votre bébé pourra le prendre à la cuiller et s’il est en réanimation néonatale en cas de grande prématurité ce précieux élixir pourra lui être donné en soins de bouche puis dans la sonde nasogastrique qui le nourrira. Sa grande valeur immunologique est maintenant bien reconnue.
Vers la fin du dernier trimestre de grossesse, certaines mères expriment un peu de colostrum dans de petites seringues (1 ml, 2 ml) et le congèlent pour l’utiliser lors de leur séjour en maternité au cas où leur bébé auraient des difficultés à téter les premiers jours et que des substituts artificiels leur soient proposés (diabète gestationnel, séparation précoce, problèmes de succion, endormissement, jaunisse importante, prise de poids problématique…).
Parlez-en à votre sage-femme, à votre consultante en lactation et à votre obstétricien et familiarisez-vous en amont avec les bons gestes de massage et d’expression manuelle afin d’être prête au moment venu - lire à ce sujet notre article dédié « Les bienfaits du massage des seins ».
Il faut savoir que la grande valeur du colostrum n’est pas universellement reconnue malgré toutes les études qui le prouvent. Des pratiques culturelles d’un autre temps se perpétuent dans certaines régions du monde où le colostrum est considéré comme impur à la consommation par le nouveau-né à cause de sa couleur jaunâtre perçue comme suspecte. On sépare alors le bébé de sa mère pour éviter les tétées jusqu’au moment de la montée laiteuse. Le nourrisson reçoit à la place d’autres breuvages : par exemple du thé en Inde, du jamu en Indonésie (une potion médicinale traditionnelle), ce qui peut entrainer de graves problèmes de santé et des risques de mortalité plus élevés. Certains hôpitaux occidentaux ne sont pas en reste puisque des solutions glucosées ou des préparations industrielles pour nourrissons sont couramment données aux nouveau-nés dès leur naissance alors que le don de colostrum devrait être encouragé.
C’est une question de santé publique, d’où l’importance de continuer à informer et mettre en avant les bienfaits du colostrum et également former le personnel soignant aux meilleurs moyens de soutenir les jeunes mamans souhaitant allaiter.
En tout cas, ayez confiance en vos capacités à produire tout ce dont votre bébé a besoin et si vous en doutez faites-vous accompagner par des personnes compétentes - lire à ce sujet nos articles dédiés.
FAQ – Tout savoir sur le colostrum
Quand commence-t-on à produire du colostrum ?
Le corps de la future mère commence à fabriquer du colostrum dès le milieu de la grossesse. Certaines femmes peuvent observer de petits écoulements durant cette période, tandis que d’autres n’en observent pas.
Ne pas avoir de fuites de colostrum pendant la grossesse signifie-t-il que l’on manquera de lait ?
Non. L’absence de fuites pendant la grossesse ne signifie pas que vous ne produisez pas de colostrum ni que vous n’aurez pas assez de lait après la naissance. Chaque femme est différente.
Quelle est la couleur du colostrum ?
Sa couleur peut varier d’une femme à l’autre et évoluer au fil des jours. Le colostrum peut être transparent, grisâtre, légèrement marron ou jaunâtre, avec une couleur pouvant rappeler le citron ou le miel.
Quelle est la composition du colostrum ?
Le colostrum contient notamment des cellules vivantes, des protéines, des oligosaccharides, des vitamines et des minéraux essentiels. Il est en revanche pauvre en graisses et en lactose.
Comment le colostrum évolue-t-il après l’accouchement ?
Durant la montée laiteuse, entre le deuxième et le cinquième jour, le colostrum évolue progressivement en lait de transition. Deux semaines après l’accouchement, le lait est considéré comme pratiquement mature, avant d’atteindre une composition stable entre 4 et 6 semaines.
Conclusion – Le colostrum, un premier lait précieux
Le colostrum accompagne les tout premiers jours de vie de votre bébé avec une composition spécifique qui évolue ensuite progressivement vers le lait de transition puis le lait mature.
Sa couleur, sa quantité ou encore l’apparition de fuites pendant la grossesse peuvent varier d’une femme à l’autre. En cas de questions sur le colostrum, son expression ou le démarrage de votre allaitement, vous pouvez vous faire accompagner par une sage-femme ou une consultante en lactation.
Sources
[1] Organisation mondiale de la Santé (OMS), Baby-friendly Hospital Initiative training course for maternity staff: Participant’s manual. L’OMS indique que le colostrum contient davantage d’anticorps et d’autres protéines anti-infectieuses que le lait mature. Consulter la source de l’OMS.
[2] Bioactive Components of Human Milk and Their Impact on Child’s Health and Development: Literature Review. Cette revue scientifique décrit notamment la concentration élevée en zinc du colostrum et sa diminution au cours de la lactation. Consulter la publication scientifique.
